Synthèse Ateliers

PHILOSOPHIE

“La philosophie naît de notre étonnement au sujet du monde et de notre existence” (Le Monde comme Volonté et comme représentation)




CONSTAT :


La Course au Large est un reflet de notre société.


Nous avons grandi dans un monde, en pensant qu’il n’avait pas de limites. Or le monde est fini et la planète nous le prouve aujourd'hui, à tout niveau : environnemental, économique et sociétal.


Des scientifiques les mesurent et tentent de nous donner des clés pour ne plus les dépasser. Mais ces clés ne sont pas encore une norme et chacun les interprète comme il veut, comme il peut.


Il semblerait que nous soyons attirés par la réussite, le pouvoir, la recherche du profit, et donc la performance. L'écosystème de la course au large n’est pas épargné ; il est challengé par la vitesse. La compétition et cette recherche de vitesse a des conséquences très positives pour les Hommes et la Société en générale. Elle est source de changement, d’action, de progrès, de dépassement individuel et collectif, elle pousse dans ses retranchements, permet l’anticipation, favorise l’autonomie. Le sport est bon pour la santé, l’aventure est synonyme d’évasion et de liberté. L’ensemble permet au grand public de rêver et par un effet miroir, ce rêve pousse au développement individuel et collectif ; Il entraîne et influence le plus grand nombre !


Alors de quoi se plaint-on vraiment ?


Cette recherche de vitesse et de performance à tout prix a également des conséquences négatives sur l’environnement et sur la Société :


  1. Appauvrissement du milieu, de l’environnement et de la biodiversité à cause de :

    • Construction de bateaux “rapides” =

Utilisation du pétrole, carbone, antifouling, peintures nocives, produits polluants, etc.

  • Bateaux rapides et légers =

Déchets à l’eau (collisions, plastiques, etc.), collisions cétacés, pollution sonore

  • Être compétitif, au quotidien et en communication =

Infrastructures sur les villages de départ de course, goodies, hélicoptères, transports en général, la sur-consommation de matériaux/ produits non recyclables, retours des bateaux en cargos, les zod’ sur les départs de courses, etc.

Impact numérique important


  1. Appauvrissement sociétal et social :

    • Grosses inégalité hommes - femmes

    • Les risques pris par les opérateurs qui construisent les outils/bateaux

    • Trop de verticalité et peu de pédagogie

    • Manque d’intégrité, trop de censure

    • La sur-consommation développée


Ces impacts négatifs sont-ils connus ?


Les impacts négatifs provoqués par la course au large sont déjà peu connus des acteurs concernés mais pour certains, ils sont en plus censurés parce qu’ils viennent entacher les valeurs qu’elle incarne, et notamment l’une des plus importantes : respecter les océans !

ex. lorsqu’un coureur au large a une collision en mer, il est souvent dit en communication : “Objet non identifié”.


Ces impacts négatifs sont aussi minimisés parce qu’ils ne sont pas mesurés. D’une manière générale, nous constatons un manque de connaissances des impacts réels de la course au large sur la société et l’environnement.


Mesurer les impacts négatifs d’une activité :

  • est compliqué d’une part parce qu’elle demande d’utiliser des outils scientifiques communs, qui parfois coûtent chers

  • peut déranger puisqu’elle met en exergue ce qui fait “mal” ou ce qui n’est pas fait du tout.

Ce flou, sans forcément mauvaises intentions, permet de continuer à faire comme si de rien n’était.


LES SOLUTIONS :


0. Sonder l'écosystème de la course au large.

Un sondage qui permet de le niveau de compréhension du sujet en général afin d’avoir des ratios par type d’acteurs (publics, sponsors, écuries, etc.). Cela permettrait d’adapter la communication aussi !


Faire un sondage qui incluent tous les acteurs



  1. accepter que la course au large n’est pas parfaite


Accepter que la course au large n’est pas parfaite, dans un contexte où elle contribue à donner du rêve au grand public, pour la Course au large, ce serait peut-être prendre un risque de “scier une branche sur laquelle l'écosystème est posé” puisqu’on considère encore aujourd’hui que le modèle fonctionne grâce au grand public. Plus de public, plus de sponsors, plus de sponsors, plus de courses.


Sauf, que les paradigmes évoluent. Les valeurs de la société changent et les aspirations pour une société meilleure se renforcent ! Le “grand public” comme on dit est en train de comprendre petit à petit que la compétition à tout prix est peut-être l’une des conséquences des maux de notre siècle… et que nous sommes tous en train de le payer très cher.


Nous pouvons donc imaginer que “gagner” en allant vite hier, ne sera plus “gagner” demain, aux yeux du grand public. Respecter vraiment les océans, ses voisins et ses pairs, contribuer à embellir la société en la faisant grandir, sera le “gagner”de demain. C’est cela qui fera encore rêver ; c’est cela qui pourra inspirer et montrer la voie.

Donc, accepter de dire “nous ne sommes pas parfaits” et nous allons mesurer nos impacts pour progresser permettra justement d’être intègre et audible auprès du grand public, d’entamer une démarche globale qui pourrait devenir une référence pour d’autres milieux.


  1. mesurer nos impacts !

Une fois que l’on a dit qu’on était prêt à changer, il est important de mesurer l’ensemble des impacts positifs et négatifs (accompagné peut-être de professionnels dont c’est le métier) pour dégager des indicateurs de suivi et des engagements qui devront s’appliquer à l’ensemble de l’écosysteme de la course au large. Ces mesures deviendront une norme pour avancer dans le bon sens.


  1. Proposer des solutions et les faire adopter par l’ensemble du milieu

Avec ces mesures, nous pourrons définir des limites que nous ne souhaitons plus dépasser dans le milieu de la course au large, car il a déjà cette responsabilité d’inspirer le grand public. Des solutions ont déjà été proposées par le passé par des organisateurs de course ou autres, certaines ont été mises en places, d’autres pas. Il faudrait rassembler l’ensemble de ces bonnes idées pour qu’elles deviennent des règles de base. D’autres solutions pourraient être proposées par l’ensemble des parties prenantes du milieu.


  1. Réveiller nos imaginaires pour reconstruire demain / Créer la rupture

Changer pour ne pas dépasser les limites est un préalable de base. C’est nécessaire et obligatoire. Mais ce ne sera probablement pas suffisant. Avec la crise post COVID-19 qui nous attend peut-être, se pose la question de faire un vrai pivot : Changer de modèle et de façon de contribuer. Il convient alors de réveiller nos imaginaires pour inventer petit à petit de nouvelles choses, de nouvelles courses, de nouveaux bateaux. Ce ne sera pas une solution mais bien des solutions. C’est cela qui fera la richesse de ce milieu.

ex. transporter des biens, des marchandises / expérimenter le slow sail / reconnecter avec des aventures maritimes sobres / que la course au large transfère des données à d’autres domaines/milieux / développement d’une nouvelle classe de bateaux eco-conçus /


L’AVENIR DE LA VAGUE :


La mission de la Vague pourrait être :


  1. Développer et représenter un cluster reconnu sur le thème “Course au large et enjeux environnementaux et sociaux”, en rassemblant et fédérant les acteurs de l'écosystème

  2. Comprendre les enjeux et mesurer les impacts afin d’influencer et d’éduquer l’ensemble des acteurs

  3. Encadrer une initiative collective de “course au large à mission”, pour accompagner l’ensemble des acteurs dans leur transition

  4. Répertorier des solutions qui répondent aux enjeux environnementaux et sociétaux, enrichies via des outils collaboratifs.

  5. Expérimenter de nouvelles choses (en rupture) qui permettent de faire évoluer la course au large : classes, programmes, modèles, etc.

nb : créer un groupe “Éducation’ des skippers


Les outils pourraient devenir :


  1. Création d’une association pour rassembler les acteurs et collecter des fonds pour propulser le cluster

  2. Rédaction d’une charte

  3. Création d’une plateforme en ligne pour aider à la bonne compréhension des enjeux et les mesures des impacts, proposer et faire voter des solutions qui répondent aux enjeux et qui devront être adoptés par les acteurs, explorer de nouvelles choses. Cette plateforme pourra par exemple intégrer un système de grille pour évaluer la pertinence des idées et des différentes approches.

  4. Création de nouveaux outils en fonction des idées de rupture votées à explorer. Ex: kit pédagogique, conférences, événements, course, etc.


Le modèle économique pour soutenir ce cluster :

  1. Une association avec des adhésions avec différentes formes d'adhésion, en fonction des acteurs (coureurs - citoyens - entreprises de la course au large - sponsors - institutionnels - etc.)

  2. Un % des sponsorings redistribués à l’association ?

  3. Du bénévolat avec un système de commissions, qui évoluent chaque année






En savoir + sur l’entreprise à mission :

Comme le font un grand nombre d’organisations actuellement avec l’entreprise à mission (cf. https://www.entreprisesamission.com ) , la Course au large pourrait écrire sa mission, ce qui donnerait un cap, un rythme, un cadre.

  • Une mission qui épouse l’objet social (ici, la compétition à la voile), tout en ayant un intérêt général.

  • A cette mission, des engagements seraient rédigés, proposés et audibles par tous.

  • Un groupe de parties prenantes (représentatives de l'écosystème) pourrait être créé pour suivre les engagements pris, dans la durée, et pour suivre les indicateurs.







SPONSORS ET FINANCEMENT

La voile est un sport d’avenir, se déplacer avec le vent, consommer peu d’énergie , mais doit se mettre des objectifs plus clair en terme d’impact et d’inclusion.


· Que souhaitent les sponsors actuellement ?

De la visibilité / Notoriété ROI

- Faire de la communication interne / BTB et fédérer son écosystème autour du projet voile

- Mettre en avant expertise des entreprises partenaires

- Marin = Ambassadeur de l’engagement de la marque sur sujet RSE.

- Grand besoin d’engagement RSE .

  • Que voudront les sponsors en 2025 ?

Est ce que demain sera du sponsoring ou du mécénat ?

  • Du Sens : des actions et de la communication pas l’inverse.

  • De la collaboration : entre les différents partenaires et projets

  • être dans une démarche de contribution.

en passant du marketing au contributing.

  • Un projet co- construit

  • Un Naming partagé.


Faire travailler les sponsors entre eux.

Créer des ateliers entre les sponsors grâce à La Vague.

Remarques certaines boites changent plus vite que les projets.


Idées : Boite à outils : pour navigateurs, organisations, partenaires.

Avec liste des bonnes pratiques : à mettre en place à court terme / moyen / long terme

· - premier filtre qui accompagne le partenaire ou futur partenaire dans son sponsoring et notamment l’approche Sustainable/ Inclusif en relation avec notre sport

- Accueillir plus d’acteurs de notre milieu

- Parvenir à une charte


Communication essentielle avec partenaires et autres Teams avec acte de répétition.

Faire de la pédagogie sur notre démarche et nos sujets.



Analyse de Cycle de Vie ACV


Action 1 “Vulgarisation du suivi environnemental”

  • Vulgariser les notions impact environnemental, Analyse de Cycle de Vie (ex : infographie sur une ACV existante ). Privilégier des analogies sur les critères d’impacts : équivalents parlant au grand public (équivalents km voiture, trajet avion...).

  • Les associer aux impacts humains (formation, gouvernance) et territoriaux (éducation, économie locale) des projets pour montrer l’interdépendance environnement-humain

  • Identifier une approche macro commune montrant les limites à ne dépasser, et les trajectoires de réduction à suivre (xx% de carbone déjà consommés / rapport à l’objectif) Il est important de définir une “trajectoire carbone” globale : “nous en tant que coureurs,évènement, sponsors, on se positionne là.”

  • S’appuyer sur des consortiums existants (ADEME, Net Zéro Initiative, B-Corp) et

Action 2 “Référentiels ACV par classes”

  • Se focaliser au départ sur quelques impacts (CO2 et empreinte eau) et quelques étapes (construction) pour garder une approche assez large.

  • Travailler sur des postes qui sont des leviers accessibles et avec des réduction d’impact fort. Démarche permettant d’identifier les efforts sur des postes précis où l’on peut avoir une marge de manoeuvre.

  • Hypothèses à définir avec les classes : programme annuel ou cycle de projets.

  • nb de courses.

  • durée de vie d‘un bateau.

  • utilisation, renouvellement matériel, jeux de voiles…

  • types de projet (vintage, high tech)

  • Identifier des équipes partenaires pour fournir des données par classes.




Action 3 “Veille - Benchmark”

  • La Vague peut mutualiser l’accès et le partage de différentes ressources

  • Liste des études déjà réalisées dans la course au large.

  • Présentation succincte des outils ACV (Marine Shift 360, SimaPro, Bilan Carbone)

    • Voir avec GT “Construction” pour Marine Shift” et méthodologie commune pour la collecte des données.

  • Cartographie des acteurs (formation, financement, consulting…) permettant la montée en compétences.



Action 4 “Démarches de progrès et scénarios de rupture”

  • Les données ACV (fabrication, logistique, évènement, communication) sont nécessaires pour quantifier/mesurer l’impact environnemental des projets de différentes classes. Une approche par ACV simplifiée est recommandée dans un premier temps pour identifier les postes d’amélioration à fort effets de levier.

  • Ces même données permettent de travailler sur des scénarios de ruptures (fabrication, logistique, évènement, communication) avec des objectifs qualifiables de “Zéro Carbone”.

  • Associer ces 2 approches est possible : l’une pragmatique court terme, l’autre fictionnelle long terme. “Sans fiction pas d’inspiration, sans pragmatisme pas de tangible”. Ou encore”on aimerait bien habiter en théorie mais on est bien obligé de vivre le réel”


SOLIDARITÉ - SOCIAL


La Voile Solidaire :

Etymologie : du latin “solidus”, entier, consistant, lien unissant entre eux les débiteurs d’une somme.

Deux axes de Solidarité : en interne (au sein du milieu de la course au large), et en externe (vis-à-vis d’autres « sphères) notamment ce qui concerne l’inclusion du handicap des personnes en difficultés, et la contribution à la recherche médicale ou la participation à la recherche de fonds pour des associations caritatives.

Les constats :

En interne, il y a un manque d’ouverture aux nouveaux venus, probablement dû à la nature compétitive des équipes et la culture du secret qui en découle. Il est difficile pour des nouveaux venus, d’obtenir des informations du « milieu ». Par exemple, quelqu’un qui voudrait monter un projet voile et solidaire aura du mal à obtenir des informations d’autres équipes qui utilisent déjà ce genre de montage. Il n’existe pas de plateforme de mutualisation des informations ou même du matériel. Peu de communication entre les classes.

En externe, il existe de plus en plus de projets solidaires ou qui ont des actions solidaires. Dernièrement, avec le Covid, il y a probablement une prise de conscience que la course au large ne peut se restreindre à de la course, il en va même de sa « survie ». La situation impose des montages qui accordent une large part à la solidarité.

Nos actions :

En interne : encourager la mutualisation, entre les Classes, entre les Organisations de course, entre les Teams. La mutualisation entre les Classes semble évidente à mettre en place. Celle entre les Organisateurs et celle entre les Teams l’est moins, pour des raisons de concurrence.

  • Etablir la liste des bonnes pratiques Solidaire parmi les organisations de courses. Afin que les autres courses puissent s’en inspirer.

  • Etablir la liste des services ou autre mutualisables par les Classes. On pense aux logiciels de base de données permettant la gestion des membres et la communication des documents vers les Organisateurs. Le contact entre les Classes est en cours.

En Externe :

  • Etablir une liste des différents montages solidaires existants, en cours. En tirer un exposé qui permettrait aux différents acteurs (coureurs, entreprises, associations) de gagner du temps pour créer des ponts.

  • Etablir un petit formulaire de questions à se poser, afin de vérifier notre propre « posture solidaire ». (Mon Team est-il Solidaire ?).


COMMUNICATION



Dans la communication, la performance est omniprésente : il est quasi-obligatoire de traiter les podiums, et le top 10 pendant les courses.

Mais on observe aussi que le facteur humain est aussi déjà bien présent, et très apprécié par le public ( cf VG Eric Bellion, Tanguy de Lamotte, VDH )


Autre constat, si l’on veut aller vers l'éco-responsabilité et la sobriété, il faut accepter d’aller moins vite, et c’est au skipper de porter cette volonté dans son projet. C’est lui la voix principal d’un projet de course au large.


Les médias sont aujourd’hui prêts, et demandeurs, pour ouvrir leurs sujets à des narrations différentes, à mettre en avant des initiatives.

Ces thématiques pourraient vite devenir incontournables.


La porte d’entrée dans la course au large, c’est aussi les départs de course et les villages partenaires. Si l’on veut que le grand public comprenne notre démarche de transition, il faut que ces villages deviennent exemplaires.

Partenariats locaux, mutualisation des moyens et politique de transports avec les villes, interdiction totale du plastique à usage unique, suppression des goodies plastique,... Les solutions sont possibles et accessibles.


Il faudrait aussi accorder une meilleure valorisation de la pédagogie sur ces villages avec un espace dédié et des soirées à thèmes éco.


Concernant le domaine particulier de la communication, il y a là aussi des lignes à faire évoluer. Adopter une sobriété numérique. Mettre en place des serveurs entre les classes, les organisateurs, et les médias. Mutualiser les productions médias en mer ou à terre, arrêter la sur-abondance de demandes dans les annexes audiovisuelles.


Les médias semblent aussi prêts à parler de performances alternatives qui ne demandent qu’à être inventées.

Des nouveaux classements artistiques, écologiques, pédagogiques.


La Vague devrait aussi pouvoir mettre à disposition de tout l'éco-système un guide des bonnes pratiques et un répertoire des partenaires éco-responsables.


La Vague doit aussi avoir une charte, avec des règles évolutives.

Changer ce qui est possible dès maintenant. Et avancer avec le temps.


Mais cette charte doit aller dans le sens de montrer un changement positif.

La Vague est là pour ouvrir les consciences et les échanges.

Communiquer dès maintenant sur ce qui ne fonctionne pas dans la course au large, reconnaître que nous ne sommes pas parfait, mais que l’on veut changer. Il y a à aussi une histoire à raconter dans un possible média La Vague, qui pourrait aussi inspirer d’autres domaines de la société.